Pour un co-développement délié des actions de contrôle des flux migratoires
Le FORIM et Coordination SUD ont rédigé un communiqué de presse conjoint dans lequel les deux collectifs expriment leurs positions sur la relation entre co-développement et flux migratoires dans le contexte gouvernemental actuel.
Pour un co-développement
délié des actions de contrôle des flux migratoires
Tout en s’efforçant de s’intégrer dans la société et l’économie françaises, les migrants restent attachés à leurs villages ou leurs quartiers, à leur pays d’origine. Double appartenance, double identité, parfois double nationalité.
Dès qu’ils le peuvent, ils partagent leurs gains avec leurs familles et s’organisent en associations pour construire et soutenir un centre de santé, une école, des adductions d’eau dans leurs villages, mais aussi des études supérieures ou de la création culturelle. Dès lors que leurs actions dépassent le cadre des échanges entre membres d’une même famille, les migrants s’organisent en associations, les OSIM (Organisations de Solidarité Internationale issues de l’Immigration). Les OSIM constituent des fédérations, des regroupements et des réseaux qui forment le FORIM (Forum des Organisations de Solidarité Internationale issues des Migrations).
Rien d’étonnant à ce que les OSIM aient rencontré sur le terrain ou dans leurs actions de plaidoyer les ONG françaises. Très naturellement, le FORIM a rejoint Coordination SUD, la coalition des ONG françaises, et son conseil d’administration, sa représentante en assumant même une vice-présidence.
Les actions de co-développement mises en œuvre par les OSIM invitent à envisager sous un jour nouveau le rôle des migrants : celui de porteurs de projets et de relais entre pays du Nord et pays du Sud. Facteur d’intégration pour les migrants des pays du Nord, il permet de dynamiser les relations entre les populations d’ici et là-bas. La voie du co-développement apparaît prometteuse.
Nous sommes désormais dans un nouveau contexte gouvernemental, marqué par une certaine continuité, puisque le Président de la République a confirmé aux ONG qu’il a reçues le 5 juin les engagements antérieurs, mais aussi par des innovations, comme par exemple la création d’un ministère de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du co-développement.
Dans ce contexte nouveau, nous, Coordination SUD et le FORIM, souhaitons faire part de nos positions communes :
·Nous souhaitons œuvrer pour mettre en valeur l’apport des migrants dans l’ouverture internationale de notre pays, dans la qualité du dialogue interculturel et dans l’action de coopération.
·Nous souhaitons que le co-développement reste une composante de la coopération française et que celle-ci aille vers davantage de cohérence et non vers un éclatement des politiques et des instruments.
·Nous approuvons la priorité qui pourrait être donnée à l’appui aux actions de co-développement qui font pleinement partie de la coopération non gouvernementale. Cet appui ne doit pas entamer le caractère privé de ces actions.
·Nous souhaitons travailler sur les causes de la migration et agir sur celles qui acculent des hommes et des femmes à quitter leurs activités, leurs milieux de vie et leurs pays. La migration doit venir d’un choix positif de la part des migrants.
·Nous ne saurons lier les projets de co-développement aux actions de contrôle des flux migratoires. Les actions de co-développement ne doivent être ni un moyen de pression sur les migrants, établis dans notre pays, ni une monnaie d’échange dans la négociation d’accords bilatéraux.
En France, depuis 35 ans, comme dans la plupart des pays d’Europe, toutes les expériencesqui ont tenté de lier co-développement et gestion des flux migratoires ont échoué.
Contacts presse :
Pour Coordination SUD
Sandrine Auneau
Tél. 01 44 72 87 14
auneau@coordinationsud.org
Pour le FORIM
Adeline Mazier
Tél : 01 44 72 02 88
forim@free.fr
