Mission PRA/OSIM de suivi des projets de développement local au Ghana

J- 1 // Du 13 au 29 janvier 2018 une mission  PRA/OSIM de suivi des projets de développement local au Ghana couplée à une autre activité du FORIM – Rencontres Internationales Sud (RIS) – est organisée au Ghana. L’objectif de cette action est de mettre en avant les pratiques de terrain des associations de migrant.e.s en matière de Codéveloppement à travers notamment un suivi approfondi des 18 projets de développement local financés dans le cadre du PRA/OSIM du 2013 à 2016.

La mission débute le lundi 15 janvier 2018 avec des visites institutionnelles à Accra, capitale du Ghana. Les membres de la délégation composée des représentant.e.s du Collectif des Associations Ghanéennes en France (CAGEF) et du FORIM ont rencontré les officiels du Bureau de la Diaspora de la Présidence de Ghana, de l’Institut des Arpenteurs, de l’Agence Française de Développement, de la France Volontaires et du Centre Allemand pour les emplois.

Des questions importantes, telles que les stratégies et les politiques de valorisation des contributions de la diaspora ghanéenne au développement de son pays d’origine et les pratiques de codéveloppement des associations de la diaspora ont été à l’ordre du jour des rencontres.

La mission se poursuit avec un départ vers Kumasi, une des principales villes du Ghana, capitale de la région Ashanti. Les membres de la délégation visiteront les projets de développement local réalisés et soutenus dans le cadre du PRA/OSIM.

 


 

J 2-3 // La mission de suivi des projets de développement local se poursuit avec la visite des deux projets mis en œuvre dans la région de Brong-Ahafo, village d’Adwumakase et la localité de Dompoase, ville de 30 000 habitants.

La délégation du FORIM a notamment découvert le projet d’appui pour une formation technique et professionnelle qualifiante dans le domaine de la couture, mis en place par l’association « Help Ghana » en partenariat avec les deux acteurs locaux « Intrepid Ways Foundation » et « Ghana National Tailors and Dressmakers Association ».

Selon les données de la Banque mondiale (rapport « Paysage des emplois au Ghana », 2016) environ 48% des jeunes du pays âgés de 15 à 24 ans, n'ont pas d'emploi. Les jeunes femmes du même groupe d'âge sont particulièrement désavantagées et ont des taux d'inactivité beaucoup plus élevés que les hommes: 17% des jeunes femmes sont inactives contre 11% des hommes.

Afin de contribuer à atténuer cette situation dans la région de Dompoase, l’association « Help Ghana », avec l’appui de ses partenaires locaux, a aménagé un centre de formation aux métiers de la couture, permettant ainsi aux jeunes filles et garçons de la région en situation de décrochage scolaire et/ou de difficultés d’apprentissage d’acquérir le métier de couture et d’intégrer par la suite le marché de travail local, tout en créant leurs propres sources de revenus.

Le projet vise notamment à faciliter l’accès des jeunes filles et garçons à des formations qualifiantes diplômantes, tout en favorisant l’acquisition des compétences professionnelles et techniques dans les métiers d’artisanat.

Dans le cadre de la première promotion, 8 jeunes filles et garçons ont bénéficié d’une formation au métier de la couture dispensée par le centre. Les familles des jeunes apprenti.e.s et les habitant.e.s de Dompoase et des villages environnantes ressentent également l’impact du projet qui favorise le développement de l’entrepreneuriat collectif et la revalorisation de la filière textile du « Made in Ghana ». Le projet a reçu le cofinancement du PRA/OSIM d’une valeur de 13 000 €.

Entre temps, les membres de la délégation ont continué la mission dans la région de Brong-Ahafo, village d’Adwumakase où ils ont découvert le projet d’élevage caprin pour diversifier les ressources alimentaires du village et lutter contre les pratiques de braconnage mis en œuvre par l’association « All in One » en partenariat avec « Bepomu Foundation et le Conseil des Anciens de la commune d’Adwumakase.

Ayant une double vocation sociale et écologique, le projet vise à contribuer à la diversification des activités du village tout en luttant contre les pratiques de chasse illégale et respectant la biodiversité du village. En créant le modèle de production et de consommation alimentaire viable adapté aux besoins et au pouvoir d’achat des populations locales d’Adwumakase, le projet vise à changer les mentalités des populations quant au pillage des ressources naturelles forestières à travers la sensibilisation aux enjeux environnementaux. 

Plus de 1500 habitant.e.s du village d’Adwumakase bénéficient des résultats du projet. Il a notamment favorisé la création de 6 emplois directs permettant de faire vivre des familles de 5 personnes en moyenne par salarié.e. Une valeur ajoutée indéniable du projet constitue la diversité de ses salarié.e.s venant du Togo, du Ghana, et du Burkina Faso et contribuant au bien vivre ensemble de la communauté. Le projet a reçu le co-financement du PRA/OSIM d’une valeur de 18 708 €.


J 4-6  La mission de suivi des projets de développement local se poursuit avec la visite des projets mis en œuvre dans la région Ashanti et notamment le village Akuakrom qui a une signification. « Aqua » veut dire femme et « krom » signifie village. La population d’Akuakrom s’élève à environ 1800 personnes, cependant 95% de la population du village et des villages environnants vit de l’agriculture. La production est consommée mais également échangée sur les marchés locaux à l’état brut.

Le partenariat avec des acteurs/trices locaux/cales et l’implication active de l’association « Back to roots » ont permis la réalisation des plusieurs projets agricoles et notamment de la construction et de l’amélioration d’une usine agro-alimentaire collective au profit des petits producteurs de la région. Le projet visait à augmenter et à sécuriser les revenus des paysans, d’améliorer les conditions sanitaires liées à l’eau potable et à l’alimentation, tout en créant des nouveaux emplois dans le village et ces alentours. Pour ce faire, l’association, appuyée par le Conseil des Anciens, le Comité de Développement d’Akuakrom, la Coopérative des Agriculteurs d’Akuakrom et l’association de développement d’Akuakrom, a mis en place un système de collecte des produits agricoles, permettant aux agriculteurs d’avoir accès aux services de transformation offerts par Cottage Industry.

De plus, l’association a pu mettre à disposition de la population de l’eau potable et des aliments de bonne qualité, sans avoir oublié la création des presque 400 emplois dans la région, contribuant ainsi au développement économique et social de la localité . Ce projet d’un montant total de 57 559 euros a reçu le cofinancement du PRA/OSIM d’une valeur de 15 000 euros.

Une fois sur place, la délégation du FORIM a été invitée au lancement du projet de l'association Kwabré. Il s'agit d'un projet hydraulique et d’assainissement financé par le PRA/OSIM en 2017.

La délégation a également visité un autre projet de l’association « Back to roots » dans la même région, le district de Sekyere East. Appuyé par le PRA/OSIM avec un cofinancement d’une valeur de 15 000 euros, le projet d’amélioration d’accès aux soins « Santé pour tous » bénéficie toute la population d’Akuakrom, mais aussi d’autres villages proches tels qu’Awaham et Brofoyedu.

L’action vise à favoriser la gratuité des soins, la diversification de l’offre de service et l’amélioration des conditions de travail du personnel à travers notamment des services et des soins médicaux pareils à ceux proposés dans le cadre du Schéma National de la sécurité médicale (NHIS - National Health Insurance Scheme).

Réalisé pendant la période de janvier 2016 - avril 2017, le projet est issu d’un partenariat de l’association « Back to roots » avec le Conseil des Anciens du village d’Akuakrom, le Comité de développement  et le Ministère de la santé (District Health Services).

La délégation a poursuit la découverte des projets financés par le PRA/OSIM et a également visité le projet de mise en place d’un centre de formation et de perfectionnement dans les métiers de couture pour favoriser l’employabilité des jeunes femmes et hommes de Maheneso en situation difficile par l’association France Ghana. En effet, l’action facilite l’accès à une formation diplômante dans les métiers de la couture des 15 jeunes femmes et hommes en situation difficile chaque année.

Pour ce faire, l’association a construit et a équipé un bâtiment en vue d’ouvrir un centre de formation professionnelle dans les métiers de couture avec une capacité d’accueil de 30 jeunes sur une durée de 2 ans. Le programme pédagogique adapté aux besoins et aux capacités des jeunes permet au centre de dispenser une formation qualifiante et diplômante dans les métiers de couture. De plus, une cellule d’orientation professionnelle existe au niveau du centre, permettant aux jeunes diplômés d’accéder aux différents stages et subventions pour démarrer ensuite leurs propres ateliers de couture. Il y a actuellement 14 filles et 1 garçon en formation. La demande pour intégrer la centre est très forte. Il est à noter, que l'OSIM et son partenaire viennent d'obtenir des fonds d'un autre bailleur pour étendre le centre pour la formation en coiffure. Le projet a obtenu un cofinancement du PRA/OSIM d’une valeur de 12 000 euros.

La délégation a poursuivi sa mission dans la commune de Bonsu Nkwanta, province de Juaboso et a visité le projet de l’association « Espoir d’Afrique » d’amélioration de l’accès à l’éducation et des conditions d’apprentissage des enfants de 3 à 15 ans scolarisés à l’Henewaa Memorial School Complex. Le projet contribue à la lutte contre le travail des enfants dans les plantations de cacao qui entraîne leur déscolarisation. Dans le cadre du projet, des sessions de sensibilisation sont organisées plusieurs fois dans l'année pour sensibiliser les familles à l’importance de la scolarisation des enfants.

Une extension de l'école est en cours pour accueillir plus d'élèves. A ce jour, près de 325 élèves de 3 à 15 ans sont scolarisés dans le cadre de l’école et 30 élèves supplémentaires pourront intégrer l’école grâce à son extension. Le projet a été co-financé par le PRA/OSIM d’une valeur de 12 000 euros.

Finalement, la délégation a visité le projet de mise en place et d’équipement d’une cordonnerie pour favoriser l’insertion socioprofessionnelle des jeunes en situation de handicap réalisé par l’association Ahafoman Union Paris. Ce projet à permis d’équiper une cordonnerie du village de Seniegya rendant ainsi possible l’insertion sociale et professionnelle des jeunes avec une mobilité réduite grâce à l’apprentissage et le suivi adapté à leurs besoins. Un volet important du projet vise à promouvoir la lutte contre les discriminations liées au handicap. Le projet a permis aux 12 jeunes en situation d’handicap, ainsi qu’a leurs familles de bénéficier des résultats du projet. De plus, près de 6 000 personnes, ainsi que la population des villages voisins sont des bénéficiaires indirects du projet. L’action a reçu l’appui du PRA/OSIM d’une valeur de 12 000 euros. Toutefois, un rôle important dans la réussite du projet a joué une partenariat forgé par l’association Ahofoman Union Paris avec le Club Français et les autorités du village de Seniegya (Unit Committee).

 


J 6 - 9 La délégation du FORIM poursuit la visite des projets de développement local en se dirigeant vers la région Ouest et Centre du pays. Elle a notamment pu découvrir les trois projets des associations « France - Ghana » et « Better days ahead for Africa » dans le domaine de l’agriculture et de l’éducation.

Le projet d’élevage de moutons à Ngale Kpolley mis en œuvre par l’association « France - Ghana » vise à diversifier des ressources financières et alimentaires des villageois qui sont majoritairement des pêcheurs. Contribuant à l’amélioration du panier alimentaire des habitant.e.s du village Ngale Kpolley, mais aussi des villages environnants, le projet apporte une source d’approvisionnement supplémentaire en protéines animales, tout en incitant la population à développer des activités agricoles et génératrices des revenus.

Pour ce faire, l’association a mis en place une bergerie pour l’élevage extensif de moutons ainsi qu’a créé des parcelles agricoles pour un groupe de cinq femmes volontaires. De plus, les personnes impliquées dans la réalisation du projet ont reçu un encadrement technique par le personnel des délégations départementales du Ministère. Aujourd’hui, le projet permet aux habitant.e.s de commercialiser la viande et de contribuer ainsi au développement économique de leur localité.

Le co-financement du dispositif PRA/OSIM de 10 000 euros a rendu possible la bonne réalisation de cette initiative.

Au village d’Ekurabadzi, la délégation a pu découvrir les deux projets réalisés par l’association « Better days ahead for Africa »  dont un projet d’irrigation pour l’agriculture coopérative et l’autre projet de création d’un centre de lecture, d’apprentissage de la langue et de l’animation culturelle.

Le projet de mise en place d’un système d’irrigation pour l’agriculture coopérative réalisé en partenariat avec la coopérative des femmes d’Ekurabadzi, le CSRI-ARI et avec l’appui du chef du village vise à augmenter le volume de la production agricole de la coopérative des femmes qui souffre d’un manque d’irrigation. Le projet a permis à presque 100 personnes du village d’augmenter l’offre alimentaire locale, tout en luttant contre la malnutrition infantile et améliorant notamment l’alimentation d’au moins 40 enfants de l’école d’Ekurabadzi.

Pour ce faire, des efforts conjoints ont été déployés pour la création d’un champ agricole permettant la mise en place d’une agriculture irriguée. De plus, afin d’assurer le bon déroulement des activités, l’association a organisé une formation des membres de la coopérative sur les nouvelles techniques d’agriculture et sur les pratiques de commercialisation, ainsi qu’a mis à disposition de la coopérative des outils de suivi de la comptabilité des ventes. Toutes ces actions ont permis l’instauration d’un circuit court de commercialisation et de distribution des produits.

Le projet a reçu un appui financier du PRA/OSIM d’une valeur de 9000 euros pour un coût global de 22 171 euros.

Finalement, la délégation a clôturé sa visite avec le projet de création d’un centre de lecture et d’animation culturelle toujours dans le village d’Ekurabadzi par la même association « Better days ahead for Africa ». Le  projet vise à contribuer à l’amélioration de l’apprentissage des langues auprès des jeunes et de l’accès à la culture pour toute la communauté d’Ekurabadzi. Pour ce faire, l’association a rénové le bâtiment existant tout en y instaurant un centre et une bibliothèque avec l’équipement informatique et le matériel pour les animations.

Le projet a également prévu d’organiser des cours de soutien en anglais et des activités culturelles en anglais et en français pour les jeunes de la communauté.  De plus, l’association a mis en place des activités génératrices des revenus pour le centre, telles que le cyber-café, la vente de fournitures scolaires et de livres spécialisés, ce qui a assuré un autofinancement partiel du centre.

Ayant un budget global de 20 092 euros, le projet a bénéficié d’un appui financier du PRA/OSIM d’une valeur de 12 000 euros.

De plus, le FORIM et le Collectif des Associations Ghanéennes en France (CAGEF) ont profité de leur visite au Ghana pour organiser les Rencontres Internationales Sud (RIS) qui sont un espace de dialogue pluri-acteurs/trices constructif visant à (re)connaitre et à renforcer les contributions des diasporas au développement des pays d’origine grâce à une meilleure connaissance des pratiques de co-développement, d’échanges d’expériences et les partenariats entre les diasporas et les pays d’origine.

Organisées dans les différents pays et toujours sous l’impulsion des diasporas, les RIS visent à promouvoir une dynamique concertée et efficace en faveur du développement local, et ce, en renforçant les échanges Sud-Sud sur le sujet. A cet effet, elles réunissent des représentant.e.s de l’Etat, de la société civile, des collectivités locales, des partenaires au développement, ainsi que les organisations des diasporas représentées au sein du FORIM.

Ainsi, le 26 janvier 2018 le FORIM et le CAGEF ont organisé une RIS portant sur le thème : « Construire des partenariats fiables avec la Diaspora Ghanéenne pour le développement ». L’évènement a mobilisé plus de 60 participant.e.s, dont les autorités publiques, les représentant.e.s de l’Ambassade de France, de l’AFD, du monde associatif et scientifique. 

Etalée sur une journée, l’action a mis sous les projecteurs l’action de la diaspora ghanéenne en faveur du développement local, tout en se penchant sur les enjeux et perspectives des associations de la diaspora qui agissent sur le terrain. Des questions importantes, telles que la stratégie du gouvernement en termes de la mobilisation de diaspora, les partenariats avec les organisations de la diaspora, les enjeux de la structuration transnationale de la diaspora ont été à l’ordre du jour.

De plus, au cours de deux sessions parallèles, les participant.e.s ont mené des réflexions approfondies visant à formuler des propositions concrètes à destination des pouvoirs publiques, des organisations de la diaspora et de leurs partenaires locaux afin d’améliorer les pratiques et le cadre politique d’intervention de la diaspora ghanéenne. ■

Cf : Journal de la Mission en PJ