DECLARATION DE LA RENCONTRE INTERNATIONALE SUD DIASPORA & CEDEAO // CONCERTATION ENTRE ACTEURS NON ETATIQUES

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous, organisations des sociétés civiles diasporiques et ouest-africaines, réunies à Dakar, le 15 mai 2017

Considérant :

-          Que nous vivons un phénomène de mondialisation dont les migrations et la mobilité font partie intégrante et qu’elles sont, de fait, appelées à s’intensifier ;

-          Que la migration est un droit que tout un chacun doit pouvoir exercer ;

-          Que le lien entre migrations et développement est bénéfique pour les pays d’origine, de transit, de destination et pour les migrant-e-s eux/elles-mêmes lorsque les droits des personnes sont respectés ;

-          Que les entraves au droit de migrer avec ses droits constituent un frein au développement ;

-          Qu’il reste des défis majeurs à relever, notamment en termes de compréhension et de connaissance des phénomènes migratoires, de protection des droits fondamentaux, politiques, économiques, sociaux et culturels sur tous les continents, y compris l’Afrique ;

-          Que le respect des droits des migrant-e-s et l’accomplissement de leurs devoirs vont de pair avec un traitement égalitaire entre citoyen-ne-s vivant sur le même territoire ;

-          Que la question migratoire est transversale et multi-scalaire et que, de ce fait, elle appelle à une réponse pluri-acteurs centrée sur les droits des personnes et incluant les sociétés civiles dont les migrant-e-s et les diasporas eux-mêmes ;

-          Que les migrations intra-régionales sont prédominantes dans l’espace CEDEAO ;

-          Que les organisations sous-régionales, notamment la CEDEAO, ont un rôle majeur à jouer dans la gouvernance régionale et mondiale des migrations ;

-          Que l’espace CEDEAO a des acquis en matière de liberté de circulation et de droit de résidence ;

-          Que le changement climatique, notamment en Afrique, a un impact dramatique conduisant à des déplacements forcés.

 

Nous engageons :

-          A intensifier et organiser nos relations sur la thématique des migrations ;

-          A développer et mettre en œuvre un agenda commun en termes de plaidoyer, de recherche-action, de formation et de structuration organisationnelle ;

-          A mettre en place des espaces de collaboration et des réseaux opérationnels ;

-          A mutualiser nos outils ;

-          A consolider et mettre à disposition nos expertises de terrain au service de politiques ciblées en matière de migration et développement.

 

Exhortons les Etats Membres de la CEDEAO :

-          A renforcer la position de la CEDEAO dans les négociations avec les pays partenaires, en harmonisant les positions nationales ;

-          A respecter et appliquer, sans réserve, les protocoles de la CEDEAO, notamment le protocole sur la libre circulation et à lever toute tracasserie à la mobilité ;

-          A veiller à ce que les préoccupations externes en matière de sécurité et d’endiguement des flux migratoires ne prennent pas le pas sur les enjeux internes de libre circulation et de respect des droits des migrants ;

-          A renforcer les dispositions relatives aux droits des personnes ;

-          A soutenir et valoriser les initiatives portées par les sociétés civiles locales et diasporiques en faveur du développement durable ;

-          A renforcer les dialogues avec les sociétés civiles et à reconnaitre leur expertise ;

-          A défendre les droits et les intérêts de leurs ressortissant-e-s à l’étranger ;

-          A refuser toute conditionnalité dans le partenariat avec les pays tiers.

 

Appelons la CEDEAO :

-          A prendre sa pleine place dans les discussions internationales sur les migrations, notamment dans la perspective des pactes mondiaux sur la migration et les réfugiés  et la mise en œuvre de l’Agenda 2030 de développement durable ;

-          A défendre la libre circulation, le droit de résidence et d’établissement ;

-          A engager des travaux en termes de mobilisation des diasporas, notamment dans le cadre du dialogue Migrations et Développement en Afrique de l’Ouest (MIDWA) ;

-          A approfondir l’intégration régionale avec une reconnaissance pleine et entière de la citoyenneté régionale ;

-          A engager un partenariat équilibré avec les pays et institutions partenaires devant aboutir à la mise en place d’une gouvernance des migrations basée sur les droits et tenant compte du genre dans toutes ses composantes (femmes, jeunes, personnes âgées ou avec handicap) conformément à la Déclaration du Dialogue de Haut Niveau des Nations Unies sur les Migrations internationales et le développement, d’octobre 2013, et à la Déclaration du Sommet de New York sur les Migrants et les réfugiés de septembre 2016.

Estimons que la production et le partage des données sur les migrations et leurs apports aux sociétés d’origine et d’accueil font partie des fondements de cette bonne gouvernance des migrations. Nous appelons donc les parties prenantes (Institutions régionales, Etats, Autorités locales, Recherche, sociétés civiles) à faire aboutir les efforts dans ce sens.

Nous lançons un appel à l’Union Africaine pour la révision de la définition de la diaspora pour lever tout caractère restrictif.

 

La Rencontre Internationale SUD Diaspora & CEDEAO

Dakar, 15 mai 2017

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